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"Contresens" explore la relation complexe entre l’homme et la machine. À travers une analyse profonde, l’auteur examine la différence essentielle entre outils et automates, et remet en question la nécessité de leur adaptation à la nature humaine. Cet ouvrage propose une réflexion audacieuse : l’homme, en inventant les machines, s’est déjà accommodé à leur présence.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Universitaire de formation,
Jean-Marie Meyer puise son inspiration dans le monde dynamique du textile et de la mode, un domaine sans frontières et riche en personnalités. Témoin d’événements majeurs des dernières décennies, il offre une réflexion unique sur l’interaction entre l’humain et la machine.
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Seitenzahl: 222
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Jean-Marie Meyer
Contresens
Essai
© Lys Bleu Éditions – Jean-Marie Meyer
ISBN : 979-10-422-4132-2
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Le 20/08/86, 15 h 16
J’espère que vous avez passé de bonnes vacances à Tignes, et que vous êtes vite rentré tellement vous vous emmerdiez.
C’est la meilleure solution.
Nous ne savons pas ce que veut dire exactement « Handeladresse », dès réception de la traduction nous fairons le nécessaire.
Veuillez lire : « ferons ».
Slts. C.F.
Voilà la teneur du télex envoyé par mon P.D.G. et réceptionné à mon bureau durant ma semaine d’absence.
C’est avec ce message que mes vacances de ski d’été à Tignes se sont achevées le vendredi à mon retour. Pendant des années durant, je fus un individu qui prenait au maximum deux semaines de congés, la semaine des fêtes de fin d’année comprise (Noël/Nouvel An). J’étais ce que l’on peut qualifier d’épanoui dans mon travail et heureux de mettre à disposition des usagères de la mode le dernier cri, de permettre à des milliers de consommatrices de porter des vêtements à la mode et de qualité.
J’étais toujours ravi lorsque je pouvais apercevoir un ou plusieurs modèles exposés dans les vitrines d’un Sak’s Fith Avenue à New York, tout comme chez Hennes et Mauritz sur cette même avenue…
Aujourd’hui, cela est, hélas, plus envisageable du fait de multiples raisons. Elles sont industrielles, sociologiques, économiques, culturelles ; mais celles-ci devraient réapparaître et remises en application et actualisés au goût du jour avec l’aide des individus acteurs et usagers après avoir redynamisé l’essentiel.
Nous sommes aujourd’hui au XXIe siècle, un moment sans grande spiritualité sauf chez les extrémistes…
Après nous être battus pendant de longs mois avec une pandémie déferlante et mortelle pour beaucoup, genre grippe espagnole ; celle-ci a été véhiculée via tous les réseaux modernes et elle s’est propagée avec une rapidité, une vitesse sans précédent. Toute la planète a été affectée, dans toutes les strates de la société existante.
Aucune contrée n’a été épargnée, juste l’intensité a varié. Les séquelles ne furent pas uniquement sanitaires, mais aussi sociales, économiques, sociétales ; elle a obligé l’homme à se remettre à sa vraie place, ceci dans un cadre différent, autre que celui d’avant. Cette situation est très nouvelle par rapport aux conditions de l’expansion arrivée lors de l’ère industrielle du XIXe reconduites tacitement au XXe.
En plaçant l’individu contemporain devant un miroir, il sera face à lui-même et il visualisera sa propre personne et les métamorphoses profondes qu’il a subies et éventuellement celles à venir. Selon la date de naissance, le progrès engendré, noté sera linéaire, arithmétique ou exponentiel. Hélas, ce n’est pas une nouveauté, ce progrès pourra être comme une pièce de monnaie avec ses deux faces : pile et face.
C’est-à-dire un côté innovateur et bienfaisant et l’autre côté réducteur et dominateur via les technologies.
Les éléments qui composent ces innovations n’arrêtent pas d’évoluer à un rythme hier percevable et assimilable, aujourd’hui à une vitesse qui nous distance, l’esprit étant dans l’incapacité de suivre le mouvement engendré ; c’est à dire frénétique.
Ces variations selon l’instant, le moment, le lieu auront des degrés d’amplitudes en relation avec les individus concernés. La communication et son intensité viendront jouer le rôle d’arbitre et l’importance de l’évènement fluctuera pendant sa propagation avec trois facteurs qui découleront de concepts fondamentaux qui eux au fil des siècles ont au fur et à mesure que nous approchions du XXIe siècle se sont modifiés pour se transformer à l’aube de l’ère numérique.
Parmi les facteurs agissants, il y a l’essor, la communication, la connaissance, la culture et l’être humain étant à la fois acteur, récipiendaire et spectateur.
Si aujourd’hui nous sommes acculés dans les affres de l’instantané et de la cristallisation surtout médiatique amplifiée par les réseaux de toutes sortes. Cette communication entre les différents courants qui existent ne va, hélas, pas améliorer le contact présentiel et réel. Le mouvement ressenti pourra être et sera mondial. Mais nous pouvons également jeter un œil intéressé sur notre France d’hier et d’aujourd’hui.
Hannah Arendt a écrit sur la Révolution française pas comme une historienne, mais comme une philosophe qu’elle est. Aussi, elle a publié : Essai sur la Révolution et propose donc une contre histoire qui, elle, prend à revers l’historiographie dominante et jacobine, robespierriste et néocommuniste… sinon française… donc parisienne. Elle fait de la liberté le maître mot de son analyse, et j’ai envie de la suivre dans le développement de cet ouvrage.
Hannah Arendt propose de penser l’histoire en relation avec les passions qui, elles, jouent un rôle majeur : le ressentiment, la colère, la vengeance, la peur, l’hypocrisie, la compassion, la pitié, la perfidie, la rage (tous les ingrédients d’une action future).
Notre monde a évolué et est de nos jours devenu un ramassis qualifié de génial de technologies qui obéreront l’esprit, ces technologies véhiculent toujours un certain type d’informations, d’accidents, d’incidents qui ne seront plus locaux, ils seront, deviendront, se métamorphoseront en évènement planétaire et changeront les niveaux de la tragédie, hier uniquement les grandes catastrophes ou grands drames arrivaient à faire la « Une » comme le naufrage du Titanic ou la Seconde Guerre mondiale ou un tremblement de terre à Agadir…
Cependant si aujourd’hui nous avons droit à un incident digne des faits divers et qui, selon le réseau, peut faire le tour de la planète blogueurs à l’appui et instantanément la sauce de la cristallisation va prendre telle une mayonnaise et pourra apporter une note négative qui entravera notre liberté individuelle ou collective future (sans compter sur les fausses nouvelles qui viendront s’y ajouter).
Quand on nous annonce et met à portée d’écran Internet avec une vocation à diffusion mondiale, l’évidence est là ; mais l’identité nationale est une autre histoire : c’est une langue, ce sont des coutumes, ce sont des mœurs, ce sont des paysages, c’est un milieu humain, un patrimoine artistique, littéraire, de gloires passées et de respects.
Cependant, le volume d’audience, le pouvoir de propagande du web va faire que ce que nous avons dans notre patrimoine ou de civilisationnel va se dissoudre dans la sauce de l’égalité en usant de toutes les technologies qui sont disponibles à travers les Big Five. Cela va devenir une sauce insipide et sans saveur aucune. Ainsi, il sera mis en épingle le petit incident insignifiant qui tournera à l’évènement grâce aux réseaux et ses acteurs, et deviendra un accident intégral. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation dans laquelle nous n’avons plus aucune référence, comme nous effaçons volontairement le passé et occultons de ce fait toute vision de l’avenir.
Nous sommes dans le carcan voulu des écrans qui font ce que nous sommes, nos choix sont mis en évidence à la face du monde (avec les like…), nous réagirons en fonction de ceux-ci, car nous sommes mis en face de notre soi-disant monde. Cela engendrera des joies, des peines, des peurs et surtout peu d’espoirs sous prétexte de ne pas sortir de ce que l’on nomme « le rang ».
Une réflexion de ma philosophe préférée, Hannah Arendt, elle disait et résumait sommairement une partie du développement de cet ouvrage :
La différence décisive entre les outils et la machine trouve peut-être sa meilleure illustration dans la discussion apparemment sans fin sur le point de savoir si la machine doit s’adapter à la nature de l’homme (…). Pareille discussion ne peut être que stérile : si la condition humaine consiste en ce que l’homme est un être conditionné pour qui toute chose, donnée ou fabriquée, devient immédiatement condition de notre existence ultérieure, l’homme s’est « adapté » à un milieu de machines dès le moment où il les a inventées.
C’est le cas de I.phone en 2006/2007.
Si aujourd’hui nous sommes en plein dans cette vision, cette situation-là ; les années de l’instantané, du subi et de la cristallisation entre tous les courants qui circulent autour de nous c’est grâce à nous qui en sommes les géniteurs.
Notre propos est d’essayer de trouver à l’aide du savoir que nous pouvons déployer et en prenant référence à la culture et au passé l’avenir que nous pouvons construire avec notre présent s’établissant sur les références passées. Il va de soi que tout cela engendrera des idées, des pensées, des réflexions et cela amènera une résultante qui sera effective pas uniquement dans notre simple entourage, mais aussi sur un territoire plus vaste et qui peut-être essaimera sur les continents de manière constructive à l’encontre de ce qui a lieu actuellement avec les mouvements woke et cancel culture dont les origines sont les applications des pensées de Deleuze et Foucault apprivoisées par les puritains de certaines anciennes et réputées universités américaines (Harvard, Yale, Stanford, Princeton, et la liste n’est pas terminée pour ne pas les nommer…)
Cependant, nous devons prendre référence à des idéologies de maîtres à penser dont les thèses nous permettent des réflexions constructives et ce n’est, hélas, pas le cas de l’intelligentsia contemporaine, car à un moment donné ou à un autre ils ne se sont pas trouvés en opposition avec tous ces, les courants modernistes, ils les suivent et les font leurs.
Aussi, nous allons essayer de sortir de ces cadres aujourd’hui connus et traditionnels utilisés par la grande majorité des usagers et des habitants de nos continents. Notre civilisation occidentale et néo-occidentale (les anciennes colonies par exemple…).
Nous fûmes dominateurs, nous sommes devenus suiveurs…
Il est difficilement probable que nous puissions nous passer des axiomes du passé ainsi que de ceux qui nous fournissent l’actualité et ceux à venir, cependant nous les ignorons. Cela peut être considéré comme une simple divagation vulgaire d’un esprit de vieux réac ! Mais nous tenons à effectuer cette réflexion profonde de manière impartiale tout en sachant et essayant de la rendre, elle, la pensée accessible au plus grand nombre avec une recherche, une exploration : elles s’achèveront seulement à la fin de l’humanité.
Nous allons ainsi errer, vagabonder, marauder, traverser tous les continents à tendance occidentale (Asie : – Japon – Chine – Singapour – Australie ; Amérique du Nord et du Sud et Europe).
Ce sont des civilisations importantes à l’échelle du temps pour le développement de notre monde dit contemporain et avoir une synthèse aussi bien sociologique, qu’économique, sociale et matérielle donc dans la réalité humaine.
Albert Camus disait : Supprimez l’espérance c’est ramener la pensée au corps. Et le corps doit mourir. Cela veut dire que la pensée est créatrice, support de l’homme, la pensée restera vivante dans tous les cas de figure.
Jusqu’en 1989, le monde était sujet à deux modes de pensées : le premier capitaliste avec le bloc américain et ses satellites et le deuxième que nous nommons le communiste avec la Russie et la Chine en tant que leaders des non-alignés et de ceux en développement.
La fin de la Perestroïka avec la chute du Mur de Berlin a redistribué les cartes de la géopolitique ; la planète entière se voyait démocrate, néocapitaliste et les socialistes et confrères étaient à la déroute : il n’y avait plus de modèle et la course au profit était engagée chez tous. Après la démocratie occidentale et la démocratie autoritaire communiste sans oublier les quelques territoires où une dictature était en place, il apparut un nouveau monde, ce nouveau monde se nomme totalitarisme et est à ce jour un régime inédit, lié à des conditions qui sont celles spécifiques de la modernité.
Je cite souvent Malraux, Camus, Churchill, de Gaulle, Hannah Arendt dans mes ouvrages, ils furent des lanceurs d’alerte qui éclairèrent de leurs pensées les années durant lesquelles ils furent actifs.
Ainsi, André Malraux disait :
La nature d’une civilisation c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera. C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique.
Il y a, hélas, confirmation de sa vision, les évènements de cette fin de XXe et début XXIe siècles lui ont donné raison ; et, si l’on prend le temps de parcourir, voire lire le Coran, on y découvre à longueur de sourates et de versets des invitations à penser, à agir et œuvrer contre toutes les valeurs héritées de 1789 :
– Égalité ;
– Liberté ;
– Fraternité.
Prenons la liberté : pourquoi faire la liberté ?
La signification du mot musulman veut dire celui qui se soumet à dieu. C’est ce que l’on nomme une théocratie, un ennemi certain et évident de la démocratie.
Prenons ensuite le mot égalité !
L’égalité en tant que telle n’est pas reconnue. Il y a une différence entre homme et femme, les musulmans et les non musulmans. Certes, la justice est prônée, mais pas fondée sur l’égalité ni la liberté, les croyants et pratiquants des autres religions monothéistes : les juifs, les chrétiens sont eux aussi écartés.
Prenons notre troisième principe démocratique : la fraternité.
Celle-ci est réduite aux seuls frères de la même foi…
Il est un exemple à noter et prendre en compte : cela se passe au niveau de l’intégration des immigrés : les U.S.A. font une fois de plus figure de modèle, ce qui ne veut pas dire qu’il faut accepter ou suivre celui-ci (les populations immigrées actuelles elles ne se sentent pas liées ou dévouées aux U.S.A.). La réponse à la question est la loyauté vis-à-vis de leur pays de naissance : islamique en l’occurrence, de défendre comme lors de la Deuxième Guerre mondiale la civilisation américaine qui les héberge ; en plus, il y a un courant d’opinions assez fort en leur sein, chez ces nouveaux immigrés, qu’il faudrait remplacer l’école traditionnelle par une école islamique, coranique, et comble de cela, en plus cette religion avec le sunnisme et le chiisme représente de nos jours sur la planète entière plus de deux milliards d’individus sachant qu’ils atteindront les 2,3 milliards en 2030 contre les 2,4 milliards de chrétiens et 1,4 milliard d’hindous aujourd’hui ; 16 % de la population mondiale sont sans affectation religieuse (cf. Qui sommes-nous ? : Identité nationale et choc des cultures de S. Huntington).
Les courants religieux deviennent très importants au niveau de l’individu et de son comportement, même les branches à l’intérieur de chacune d’entre elles ont eu et ont des influences planétaires parfois de manière subliminale ; exemple, l’enseignement issu des universités américaines leaders et d’obédience puritaines et qui sont en tête pour ce qui est de l’enseignement supérieur avec des idées et des idéologies soi-disant révolutionnaires… (les Français : Deleuze, Foucault, Derrida et confrères étant à la genèse de ces mouvements).
À ce phénomène de puritanisme et de religions, il faut ajouter un nouveau phénomène : la régionalisation des anciens États satellites soviétiques après la chute du Mur de Berlin. Il faut par exemple, dans cette régionalisation, voir si la condition que la géographie coïncide avec la culture, cela donne les Balkans, l’Union européenne de l’Est également, au début du XXe siècle c’est selon des directives occidentales : les accords Sykes-Picot qui n’ont aucunement tenu compte des origines et ethnies au Moyen-Orient. La question est : est-ce que la répartition est juste, ethnique, politique, religieuse ou économique ?
Cependant, le voisinage ne veut absolument pas dire alliance ou coopération intense qui peuvent faire ce que l’on nomme des réussites géopolitiques.
Ces régions, contrées, peuvent elles aussi être en conflit du simple fait d’un problème de civilisation. Le seul pays qui ne peut être mis dans aucune situation du genre est le Japon. Aucun pays au monde n’a le même statut, la même géographie et la même culture avec un isolement qui est accentué par son particularisme, celui de l’archipel nippon et qui, dans son ensemble, n’est pas assujetti à une religion dite universelle, mais bien propre aux Japonais. Pas de bouddhisme, pas de christianisme, pas d’islamisme, juste le shintoïsme, pas comme une idéologie comme le libéralisme ou le communisme, mais une vénération de l’Empereur et une géographie unique, joue avec, influence et conditionne aussi les individus.
À ce propos, il faut retenir les propos de La Bruyère vis-à-vis de son voisin :
La moquerie est de toutes les injures, celle qui se pardonne le moins ; elle est le langage du mépris et l’une des manières dont il se fait le mieux entendre, elle attaque l’homme dans son dernier retranchement, qui est l’opinion qu’il a de lui-même, elle veut le rendre ridicule à ses propres yeux ; et ainsi le convainc de la plus mauvaise disposition où l’on puisse être pour lui, et le rend irréconciliable. C’est ainsi que l’égalitarisme universel entre les individus comme cultures, croyances et notions se trouve au fondement du caractère pathologique de cette susceptibilité généralisée.
Le mot d’ordre d’hier, c’est aujourd’hui, l’axiome qui nous enracine dans notre civilisation est : « démocratisé ».
Mais la question à se poser est pertinente : y a-t-il une éducation qui corresponde à l’objet de la démocratie, objet qui permet au-dessus de toutes les idéologies qui donnent à celle-ci : la sagesse et la manière de bien s’en servir, est-ce bien le cas avec l’enseignement issu des universités américaines, est-ce le cas d’un Netflix, d’un Amazon, d’un Facebook (Meta) qui eux annoncent effrontément et effectivement qu’ils vont collecter vos données personnelles et en feront usage comme bon il leur semblera.
Pour vous donner un petit exemple, Amazon avec « Prime Vidéo », affiche :
Information : vous entrez dans un service qui vous est fourni par Amazon Prime Vidéo, sous contrôle et selon ses conditions. Les données collectées et traitées à l’occasion de votre utilisation de ce service sont placées sous la responsabilité d’Amazon Prime Vidéo.
J’ai compris.
Il y a des informations similaires pour Netflix, Disney Channel entre autres.
Voilà comment les géants du streaming collectent nos données personnelles, les comportements sont parfois différents et plus discrets comme Netflix.
C’est de la dépossession de la personnalité des individus, un régime totalitaire qui s’est installé insidieusement en toute tranquillité avec l’aide des réseaux sociaux et de notre désir du moindre effort. Le capitalisme de surveillance avec les Big Five est au début de son règne et les minorités activistes séquestrent les libertés les plus fondamentales.
Aujourd’hui, un livre comme « 1984 » de Georges Orwell est banni de tous les établissements publics, universités et collèges aux U.S.A., la débaptisation du roman d’Agatha Christie « Dix Petits Nègres » en « Ils étaient Dix », sans parler également de toutes les réécritures d’ouvrages qui ont, qui font partie du patrimoine culturel mondial et du domaine public du fait de leur notoriété et durée de parution dont fait partie « Charlie et la Chocolaterie » via le collectif « Inclusive Directly ».
Même certains ouvrages d’Agatha Christie sont passés à la moulinette, les œuvres de Ian Fleming (James Bond), la réécriture de la bande dessinée du Journal d’Anne Frank, « Les cerfs-volants de Kaboul »… Ces correcteurs de « sensitivity readers » arrivent doucement sur le vieux continent.
Ils tiennent le rôle de Winston Smith de 1984, quel piètre rôle ils ont…. peut-être sont-ils ignorants ou même illettrés, mais aussi des adeptes convaincus de la civilisation élaborée par Big Brother…
Non seulement nous avons un alphabet, un vocabulaire qui va en diminution, nous utilisons de moins en moins de mots, et nous perdons, nous ignorons, nous abandonnons par manque de culture la signification étymologique de leur sens premier.
Je reviens sur l’anecdote du baccalauréat avec l’épisode du mot « ludique »… La lecture n’est plus un sujet d’actualités, en Angleterre sur 58 000 titres publiés, 50 % se sont vendus à moins de 12 exemplaires.
Il est donc évident que notre volonté est de plus en plus confrontée à des non-choix et nous nous laissons influencer et ballotter par des mécanismes qui, eux, calculent et jouent sur nos préférences personnelles à partir de toutes les données qui nous sont particulières et privées, et seront très largement algorithmées et vont nous amener à une décision que les calculs mis en place auront trouvée sans tenir compte de notre impression du moment, nous serons dans la position d’accepter le choix le plus facile, aussi bien que cela soit dans le choix d’un vêtement, d’une chanson, d’une série télévisée, d’un film, d’une voiture, voire même d’une relation amicale avec en supplément le fait de croire que nous sommes dans la position de décideur et cela dans le moindre effort et nous sommes convaincus que nous sommes fidèles à nous-mêmes.
Selon Paul Valéry en 1931 :
L’homme moderne est l’esclave de la modernité. Il n’est pas de progrès qui ne tourne à sa complète servitude.
C’était simplement un complément de la pensée de Victor Hugo qui, lui, stipulait :
La grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis même de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien matériel. Il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C’est là et là seulement que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même et par conséquent la société.
Dans notre monde contemporain, des hommes remarquables comme Charles Péguy et Albert Camus n’auraient pu faire de véritables études, le système s’étant effondré et devenir ce qu’ils sont devenus.
Il y a aujourd’hui qu’une priorité, l’égalité en nivelant vers le bas, c’est une solution de facilités qui demande peu d’efforts. Les préceptes de P. Bourdieu retentissent dans ce contexte :
Toute action pédagogique est objectivement une violence symbolique en tant qu’imposition par un pouvoir d’un arbitraire culturel.
Il n’est guère étonnant que les soi-disant penseurs puritains des universités américaines à penchant wokiste aient adopté cette ligne de conduite insensée et incompréhensible. L’être humain doit avoir un cadre, autrement, son esprit, ses pensées partiront dans tous les sens, vu que nous sommes depuis des lustres privés de l’instinct qui nous fut propre avant le développement de l’intelligence artificielle qui, elle, réduit en plus notre comportement déjà plus ou moins sclérosé depuis l’ère numérique. G. Orwell était dans cette juste démarche visionnaire, lui qui est banni aujourd’hui des établissements publics aux U.S.A. avec « 1984 » :
Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone et cela reste vrai que l’on soit en accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment.
Cette configuration des civilisations avancées de notre civilisé en additionnant le mouvement numérique et lesdits courants modernistes nous amènent à un remplacement du marxisme par le wokisme et la discipline parallèle qui est la cancel culture, ce n’est plus le capital qu’il faut abattre, c’est maintenant l’impérialisme blanc tout court.
Ils procèdent comme des métastases d’un cancer dans un corps qui est la société occidentale en place, la société américaine en premier lieu comme d’habitude par ricochet, la société européenne va également être touchée par ces mouvements.
Nous pouvons prendre un exemple, une image dont l’initiateur est Kundera qui devra engendrer chez l’être lambda en principe une réflexion, je le cite :
Quand une conversation d’amis devant un verre de vin est diffusée publiquement à la radio, cela ne peut vouloir qu’une chose, c’est que le monde est transformé en un camp de concentration…
C’est entièrement la confirmation de la pensée visionnaire de G. Orwell.
Nous sommes devenus des ignorants de première catégorie, c’est le constat que fait le Professeur Don Hassner de Berkeley qui, lors du 7 octobre, à poser les questions sur le campus à des étudiants qui étaient d’accord à 80 % avec le slogan anti-Israël :
From the river to the sea !(De la rivière à la mer), la question suivante From which river to which sea ? (De quelle rivière à quelle mer ?)
Moins de la moitié d’entre eux savaient nommer la rivière et la mer en question ; et quand on leur mettait sous les yeux une carte montrant qu’Israël disparaîtrait complètement si leur slogan devenait réalité, ils étaient 75 % à changer d’avis.
Le wokisme a grandi et prospéré sur les terrains fertiles de l’inculture. Comme l’avait magistralement montré Allan Bloom dans L’âme désarmée dès 1987 (professeur à l’université de Chicago), l’enseignement du relativisme dans les lieux mêmes de la recherche de la vérité ne pouvait que mal finir. Il fut enseignant en France et s’était lié d’amitié avec Raymond Aron et avait enseigné à l’École Normale Supérieure.
Évidemment, il faut toujours suivre la courbe de l’histoire, que cela soit dans le monde, le comportement. Évidemment, il faut toujours suivre la courbe de l’histoire, que cela soit dans la mode, le comportement, la France a toujours du retard sur les U.S.A., cela dans 80 % de la vie courante, que cela soit la voiture, dans l’habillement avec le jeans et le sweat-shirt, les séries, la mode alimentaire avec le développement du burger à l’instar du jambon beurre, les sodas tels le Coca et les articles de sport diffusés par un Nike et imités en Europe sans compter tous les courants de musique alternative…
Nous passons aujourd’hui par cette phase destructive venue des Universités américaines : « la volonté de Non-Savoir » qui passe par un mouvement récent académico-militantiste (selon les termes de Nathalie Heinich) qui entraîne un appauvrissement progressif de la production scientifique, du fait d’un très lourd héritage de Pierre Bourdieu.
Celles-ci imposent la domination bourdieusienne et la French Theory (Derrida, Foucault, Deleuze) avec la critique du néo-libéralisme associé au combat contre les discriminations dans la nébuleuse militante du postmodernisme typiquement américain exporté vers l’Europe.
Une des résultantes est la discrimination positive de la méritocratie, on pourrait gagner cette bataille dans le temps en respectant l’éthique de nos institutions telle la Sorbonne, Normale Sup, Polytechnique et autres Sciences Po (en empêchant la contamination).
Dans l’esprit d’une personne, il y a de manière systématique deux niveaux pour la réflexion, c’est un des axiomes de la future action issue de la pensée.
Il y a toujours au départ une approximation métaphorique : l’individu est toujours avec son esprit dans un cercle qu’il va parcourir deux fois. La première fois, il va laisser échapper sa pensée et va se mettre dans l’action et la seconde fois alors qu’il est dans l’action il va revenir après avoir agi dans la pensée première.
Mais ce processus va être enrayé du fait qu’une technostructure a envahi aussi bien les institutions que l’Université, l’État, l’Art qui sont devenus des munitions, des armes terrifiantes de destruction de la vérité, du beau, du bien commun : des socles de la pensée. Cette technostructure est bien dans la lignée de la pensée de Georges Orwell.
Celle-ci aujourd’hui est organisée par les moyens utilisés par la régression civilisationnelle dans le monde du travail, dans le monde politique, dans le monde artistique, dans le monde de l’éducation donc universitaire.
Dans le passé, l’école était synonyme de liberté. Elle est devenue une prison, une institution managée par des individus dans une éducation allant contre toute méritocratie, recherche de la perfection, ils isolent les modes opératoires des enfants et érigent ceux-ci avec des normes numériques pour façonner leurs esprits et les mettre en condition virtuelle. Le formateur réalise cela à partir de deux outils imparables :
– Le soi-disant esprit scientifique ;
– Le soi-disant label humanitaire.